Le diplôme
Description officielle de la certification enregistrée au RNCP.
La France, riche de son histoire industrielle, a connu ces dernières décennies un déclin progressif de son secteur manufacturier. Les défis économiques, la concurrence internationale et les évolutions technologiques qui ont contribués à ce phénomène sont aujourd’hui les éléments de réponse à ce déclin. Ainsi, la réindustrialisation émerge comme une réponse cruciale pour renforcer la compétitivité nationale, créer des emplois et garantir une souveraineté économique et technologique. La digitalisation ou transformation digitale, en modifiant profondément la manière dont les entreprises produisent, gèrent et interagissent, se positionne comme le pivot de cette réindustrialisation. Des technologies telles que l'Internet des Objets, l'intelligence artificielle, la blockchain et la fabrication additive révolutionnent les processus industriels (accélération de l’innovation, amélioration de l’efficacité organisationnelle) mais se doivent d’être opérées en synergie avec les approches organisationnelles. Les entreprises se retrouvent ainsi ces dernières années à évoluer face à deux impératifs : la prise en compte de la responsabilité sociale et environnementale des acteurs économiques d’une part, et la numérisation des processus, systèmes et organisations d’autres part. Face à ces enjeux, l’industrie est actuellement en recherche d’ingénieurs capables à la fois d’intégrer les impératifs sociaux et environnementaux tout en maîtrisant les systèmes électroniques et informatiques qui sont la base de l’industrie 4.0 vers laquelle tous les acteurs sont en train de migrer. Cette double compétence de gestion et organisation de la production soutenable et de conception de systèmes connectés (application industrielle de l’internet des objets connectés) est aujourd’hui un élément pivot de la transformation des acteurs industriels de production. Si des formations délivrent des ingénieurs et/ou cadre possédant l’une de ces compétences, la filière Systèmes Industriels et Robotique est la seule certification d’ingénieur en France qui garantit la double compétence qui peut être vue selon deux angles : * L’angle du génie industriel : organiser, planifier et développer des unités de production soutenables tout en maitrisant les principaux outils et technologies clé de voute de l’industrie 4.0 * L’angle du concepteur de systèmes de production connectés : concevoir et déployer des systèmes de production connectés en connaissant les enjeux et processus d’exploitation et de maintenance auxquels ils seront soumis une fois en place. En effet la digitalisation de l’industrie 4.0, de manière commune traitée sous sa forme d’optimisation digitale (optimisation des process, gain de productivité), prend toute sa valeur lorsqu’elle est abordée sous l’angle de la transformation digitale (création de nouveaux process pour produire différemment ou mettre sur le marché de nouvelles solutions, réorganisation de l’outil de production - technique et humain- afin de permettre la pleine exploitation du potentiel du numérique, …). La double compétence que les ingénieurs de la filière SIR2 acquièrent leur permet d’opérer toute forme d’optimisation digitale et surtout de sensibiliser, d’accompagner voire d’organiser et déployer une réelle transformation digitale et au sein des entreprises qui les accueillent. En plus de la maîtrise technique, les entreprises industrielles sont invitées à réinventer leurs modes d’organisation et de management pour attirer et intégrer les nouvelles générations arrivant sur le marché du travail, ayant des aspirations différentes de leurs ainés. Ces modes d’organisations apprenantes et libérées d’un poids hiérarchique souvent perçu comme inhibant par les jeunes travailleurs sont une opportunité de déploiement de la créativité et des talents des jeunes. Cette transformation des rapports humains en entreprise est pourtant difficile et consommatrice de temps et d’énergie. Dans ce contexte, le manager en industrie se doit de développer des compétences de leadership pour entraîner avec lui son équipe dans la confiance et l’enthousiasme d’un travail en commun. Pour cela, il a besoin de développement personnel afin d’avoir une conscience fine du monde qui l’entoure et des relations qui se jouent autour de lui. L’entreprise d’aujourd’hui doit également avoir conscience de son environnement et de l’écosystème dans lequel elle s’intègre, à la fois économique avec les acteurs dont elle est partenaire et les acteurs locaux lui permettant de se développer, et aussi écologique dans le cadre des limites planétaires. Pour cela les plans de transformations industriels actuels se basent sur des réductions des besoins énergétiques et des améliorations de leur efficacité, ainsi que sur des transformations favorisant la décarbonation des activités de l’entreprise. Ainsi l’ingénieur industriel a besoin de comprendre les problématiques et crises actuelles, et les possibles contributions de l'entreprise à la mise en œuvre de solutions face à ces problématiques énergétiques, environnementales et sociétales dans un contexte de résilience. Cette nouvelle transformation des systèmes de production souvent nommée industrie 5.0 est un enjeu de la prochaine décennie pour assurer les besoins de réindustrialisation soutenable et la souveraineté. Dans ce contexte, la filière de Polytech Lyon a pour objectif de former et certifier des ingénieurs dans la spécialité « systèmes industriels résilients et robotique », aux compétences techniques pluridisciplinaires, comprenant de la mécanique, de l’électronique, de l’automatique, du génie des procédés et des techniques numériques mais aussi de la gestion de production, de la qualité, de la maintenance, de l’économie et du droit, en prise directe avec la problématique de la production industrielle : pour être compétitif et durable dans un marché mondial de plus en plus concurrentiel, les entreprises doivent augmenter leur productivité de manière soutenable, améliorer la qualité de leurs produits ou services, réduire leurs coûts et prendre le virage de la digitalisation et de l’industrie 4.0. Toute entreprise, industrie ou organisme qui doit faire face à ce défi peut bénéficier des compétences d’un ingénieur en systèmes industriels et robotique, qu’il s’agisse d’une compagnie manufacturière ou d’une entreprise de services. Afin de pouvoir mener les activités sus-citées, la certification décrit un référentiel de compétences structuré autour de trois blocs de compétences fondamentaux auxquels s’ajoute un bloc de compétences spécifique à chaque profil. Deux champs disciplinaires disjoints (celui du génie industriel et de la production et celui des systèmes automatisés) sont solidement articulés dans la pratique des projets menés. Chaque bloc de compétence est considéré comme partie intégrante d’un projet industriel opéré sous l’angle de la gestion de projet, ADN fort de la filière. Les spécialistes de la production s'attachent à comprendre les enjeux technologiques et techniques de l’outil de production et les développeurs de machine de production à maitriser l’environnement opérationnel et organisationnel de la production, ils doivent pouvoir travailler sur deux niveaux: disciplinaire d’une part (le génie industriel et la mécatronique), et systémique d'autre part (l’objet technologique et le système socio-technique qui entretiennent une dépendance mutuelle).